« On ne peut résoudre la crise des réfugiés aux dépens du développement à long terme de l’Afrique », affirme Pittella

Pittella: Outcome of Valletta summit a mixed blessing, migration and the refugee crisis,

Le président du Groupe S&D Gianni Pittella a rencontré, ce 9 novembre, le premier ministre maltais Joseph Muscat. Les deux ont discuté du prochain sommet des chefs d'État et de gouvernement européens et africains, prévu à La Valette. La rencontre a eu lieu dans le cadre d’une visite d’une délégation S&D à Malte, qui a permis aux eurodéputés de s’entretenir avec les dirigeants maltais et des ONG locales, et de visiter un camp de réfugiés. Outre le président Pittella, la délégation S&D comprenait le viceprésident Enrique Guerrero Salom, la viceprésidente Tanja Fajon, et les eurodéputés Demetris Papadakis, Alfred Sant, Miriam Dalli et Marlene Mizzi.
 
Le président Pittella a commenté le prochain sommet en ces termes :
 
« Ce sommet est crucial ! Le moment est venu de mettre en place un dialogue réel et structuré et de démontrer que l’UE et l’Afrique sont porteuses du même désir de collaborer au sujet de la migration. Toutefois, la nécessité de trouver une solution rapide à la crise des réfugiés ne peut influencer nos engagements à long terme envers l’Afrique. En effet, nous ne devons pas poser de nouvelles conditions à l’aide humanitaire, parce que celle-ci n’est pas un instrument de marchandage pour obtenir un renforcement du contrôle frontalier ou des accords sur les retours. »
 
« L’UE ne peut pas se permettre un nouvel échec ou une nouvelle perte de temps. L’UE ne peut pas se limiter à la construction de murs à ses frontières, ni risquer de gâcher l’atteinte d’objectifs conçus pour stabiliser des pays par la coopération au développement. L’Afrique n’est pas le dépotoir de l’UE ! Et nous risquons de perdre gros si nous n’en prenons pas conscience ! »
 
Alfred Sant, eurodéputé et chef de la délégation maltaise au sein du Groupe S&D, a ajouté ceci :
 
« La tenue à Malte du sommet de cette semaine est symbolique. En effet, pendant des siècles Malte a été une passerelle entre l’Europe et l’Afrique. Les dernières années, cette vocation s’est encore affirmée, avec l’afflux important de réfugiés embarqués sur les côtes d’Afrique du Nord à destination de l’Europe continentale. »
 
« Aucun pays ou continent n’est capable de faire face seul aux défis de la migration. Focaliser la solution européenne sur la construction de murs ou sur les déportations forcées n’est pas une réponse adéquate. Nous devons mettre en place un partenariat stratégique entre nos deux continents, pour mieux combattre la traite des êtres humains, pour instaurer des voies d’immigration sûres et légales et pour nous attaquer aux causes primaires de la crise des réfugiés – la pauvreté et les conflits. »