« Nous attendions une réforme plus ambitieuse de l'UME, et nous nous battrons pour la suppression du pacte fiscal », déclare Pittella

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La réforme de l’union monétaire et économique (UME), proposée ce 6 décembre par la Commission européenne, ne satisfait pas les Socialistes & Démocrates au Parlement européen.


Le chef de file du Groupe S&D, Gianni Pittella, a déclaré ceci :

« Ce train de mesures comporte une série d’éléments positifs, comme un nouveau ministre de la zone euro, idée avancée par le commissaire Moscovici, ainsi que l’intégration du mécanisme européen de stabilité au cadre institutionnel de l’UE. Généralement parlant, ce train de mesures ne répond toutefois pas à nos espoirs de changement. »

« En particulier, la proposition d’intégrer le pacte fiscal au droit de l’UE nous inquiète gravement. En effet, nos discussions ont permis d’éviter l’incorporation du pacte fiscal aux Traités et de maintenir la flexibilité garantie par la Commission ces dernières années. Cependant, il faut totalement éradiquer la logique du pacte fiscal, afin de tourner la page de l’austérité aveugle. »

« De plus, cela pose un problème démocratique, puisque cela implique la marginalisation du Parlement européen dans la procédure législative. »

« Dans ces conditions, nous rejetons toute tentative de la part des faucons de l’austérité de dicter l’agenda de l’Europe. Toute réforme de l’UME doit se focaliser sur les investissements, des politiques orientées croissance et la solidarité. »

« Le Groupe S&D sera aux avant-postes de ce combat avec ses propositions pour une Europe progressiste. »

 

Udo Bullmann, eurodéputé et viceprésident du Groupe S&D responsable des affaires économiques et monétaires, a ajouté ce qui suit :

« Les plans de la Commission concernant le Fonds monétaire européen (FME) sont effectivement le seul point fort d’un train de mesures par ailleurs décevant. Nous attendons de la Commission qu'elle ne plie pas devant la résistance éventuelle aux propositions d’aujourd’hui. »

« En effet, le Groupe S&D considère comme essentielle la transformation du mécanisme européen de stabilité en Fonds monétaire européen à part entière. Personne ne souhaite que la zone euro sombre à nouveau dans la crise. Le cas échéant, nous devons toutefois disposer des instruments pour agir plus rapidement et de manière plus transparente que lors de la dernière crise de la zone euro. »

« Or, le modèle de FME proposé aujourd’hui par la Commission va dans la bonne direction. En conséquence, nous saluons la proposition de créer un FME qui soit une institution européenne soumise à la méthode communautaire, au moyen d’une procédure législative nécessitant l’approbation du PE. Nous saluons également les propositions de la Commission concernant la distribution des tâches et des responsabilités. Dans cet esprit, nous sommes d’accord que la Commission doit continuer à surveiller la politique fiscale et les programmes d’assistance financière qui impliqueront le futur FME. »

 

Pervenche Berès, eurodéputée et porteparole S&D pour les affaires économiques et monétaires, a précisé les points suivants :

« Nous saluons la prise de conscience par la Commission de l’indispensabilité d’une fonction de stabilisation, mais nous ne comprenons pas pourquoi cela n’aboutit pas à la création de l’instrument contraignant requis. De plus, nous regrettons que la Commission ne fasse aucune proposition concrète et opérationnelle en matière de création d’un budget dédié à la zone euro, en dépit de l’appel en ce sens lancé en début d’année par le Parlement européen. »

« Par ailleurs, il n’y a aucune proposition concrète de réduction des déséquilibres économiques et sociaux entre membres de la zone euro. En effet, les réformes structurelles ne suffisent pas. »

« La zone euro a absolument besoin d’une capacité budgétaire pour se stabiliser à long terme. C’est un instrument de solidarité, indispensable pour aider les économies de la zone euro à absorber les chocs macroéconomiques et à converger de nouveau. »

« De plus, il apportera des incitants au lancement de réformes structurelles orientées croissance. En ne prenant pas d’initiatives en la matière, l’UE montre qu’elle ne tire pas les leçons de la crise économique et financière de 2008. »