Appel du Groupe S&D pour la suspension des négociations d’adhésion avec la Turquie

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Ce 6 juillet, une vaste majorité du Parlement européen a soutenu un appel à suspendre officiellement les négociations d’adhésion avec Ankara dès l’entrée en vigueur de la nouvelle constitution.

En effet, un an après l’odieuse tentative de coup d’État, la population turque paie un lourd tribut. Le gouvernement pratique une purge à grande échelle, dirigée non seulement contre les supposés soutiens de Fethullah Gülen, mais aussi contre toutes les voix critiques. Le gouvernement applique le credo : « Ceux qui ne sont pas avec nous sont contre nous ». Des universitaires, maires, recteurs d’universités, politiciens et journalistes d’opposition sont tous qualifiés de « terroristes » s’ils osent ouvrir la bouche contre les politiques du président Erdoğan. De plus, l’état d'urgence a permis de licencier des dizaines de personnes, du jour au lendemain. Cinquante mille ont été emprisonnés, sans avoir la moindre occasion de se défendre devant un tribunal. De telles violations flagrantes des normes démocratiques et de l’État de droit dans un pays candidat à l’adhésion de l’UE doivent avoir des conséquences sur les relations de ce pays avec l’Union.

Kati Piri, eurodéputée S&D et négociatrice en chef du Parlement européen pour la Turquie, a indiqué ceci :

« Il est clair que nous avons besoin de coopérer avec la Turquie. Toutefois, si la nouvelle constitution est mise en œuvre en contradiction avec les normes démocratiques de l’UE, il faut terminer les négociations d’adhésion avec l’actuel gouvernement turc. Le cas échéant, l’assistance financière de l’Union, actuellement envoyée à Ankara, doit être directement mise à disposition de la société civile turque – des personnes qui croient dans l’UE en tant qu’ancrage des réformes pour leur pays. »

« Dans le même esprit, le moment est venu de manifester notre solidarité avec les millions de Turcs qui adhèrent aux valeurs européennes, avec tous ceux qui ont osé élever la voix lors du référendum et avec ceux qui marchent d’Ankara à Istanbul pour manifester en faveur de la justice. L’UE ne peut pas rester aveugle aux violations graves et persistantes des droits fondamentaux par la Turquie. Or, la stratégie actuelle de la Commission européenne et des dirigeants de l’UE semble consister à attendre en silence que les choses s’améliorent d’elles-mêmes. Non seulement cette attitude alimente l’autoritarisme du président Erdoğan, elle nourrit aussi l’euroscepticisme au sein de la population européenne et envoie un signal erroné aux autres pays candidats des Balkans occidentaux. Attendre, faire semblant et détourner le regard ne sont pas des politiques intelligentes. Le Parlement européen, pour sa part, attend de l’UE qu’elle défende ses valeurs. »