Hier, la Commission européenne a lancé le nouveau semestre européen annuel - un cycle de coordination des politiques fiscales, économiques et sociales au sein de l'UE, introduit en 2010 en réponse à la crise financière. Son objectif est d'assurer une action coordonnée pour répondre aux priorités et aux défis européens communs, et de prévenir des crises similaires à l'avenir.
Les socialistes et démocrates déplorent que, pour la première fois, le Semestre européen n'inclue pas l'examen annuel de la croissance, qui présente les priorités de l'Union en matière d'économie, d'emploi et de politique sociale, et qui ancre le Semestre dans une vision large de la croissance durable.
Cette année, la Commission a considérablement réduit le champ d'application du semestre. Le paquet est guidé par la Boussole compétitive - axée principalement sur l'innovation, la décarbonisation et la réduction des dépendances.
Ce changement intervient précisément au moment où la Commission prévoit de canaliser des financements importants dans le prochain budget à long terme de l'UE par le biais de plans de partenariat nationaux et régionaux et du Fonds européen pour la compétitivité, tous liés à l'orientation du semestre. L'affaiblissement du Semestre risque de compromettre la capacité de l'Europe à réaliser des investissements équitables et à l'épreuve du temps.
Gaby Bischoff, vice-président S&D pour l'Europe sociale, a déclaré :
"Si la Boussole compétitive couvre des domaines importants pour l'UE, elle représente une vision beaucoup plus étroite que les années précédentes. Cela risque de mettre de côté des dimensions sociales, économiques et environnementales essentielles à un moment où l'Europe a besoin d'une stratégie globale et ambitieuse. Le rapport conjoint sur l'emploi 2026 illustre clairement ce déséquilibre : au lieu d'évaluer les 20 principes du pilier européen des droits sociaux, comme l'exige le règlement 2024/1263, il réduit la dimension sociale presque entièrement aux compétences, laissant de côté la pauvreté, le logement, la santé, le revenu minimum, les pensions et les services essentiels.
"En réduisant la portée du Semestre, la Commission affaiblit l'un des outils clés de l'Union pour promouvoir la convergence économique et sociale et néglige le mandat clair établi par les colégislateurs, qui se sont mis d'accord sur un Semestre qui renforce - et non affaiblit - la dimension sociale de la gouvernance économique de l'UE. Nous ne pouvons accepter un semestre européen qui qualifie les pensions de "risques" tout en traitant les dépenses militaires comme des "investissements". La protection sociale n'est pas une vulnérabilité, c'est une condition de la stabilité démocratique, de la résilience économique et de la cohésion européenne.
"Si le Semestre doit guider les futurs financements de l'UE, il doit offrir une orientation holistique, transparente et démocratiquement responsable. L'Europe doit rester attachée à la compétitivité, à la durabilité et à l'équité sociale - sans permettre qu'un objectif se fasse au détriment des autres. Nous appelons donc la Commission à aligner pleinement le Semestre sur le Pilier européen des droits sociaux, afin de garantir que la gouvernance économique de l'UE soutienne réellement les emplois de qualité, les droits des travailleurs et la croissance inclusive dans l'ensemble de l'Union".