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Les pays de l’UE ne réussissent pas à intégrer correctement les enfants réfugiés à leurs systèmes scolaires. C’est ce qu’indique une nouvelle étude comparative, présentée ce 11 avril au Forum progressiste mondial (GPF), en préparation du débat prévu le mois prochain entre le Parlement européen, la Commission européenne et le Conseil de l’UE sur la protection des enfants réfugiés.

En effet, d'après le droit européen chaque pays européen doit proposer à chaque enfant réfugié un accès à l’enseignement, et ce dans les trois mois du dépôt de la demande d'asile. Or, la recherche promue par le Forum progressiste mondial, en collaboration avec le groupe des politiques de migration et le réseau Sirius pour la migration et l’éducation, souligne plutôt les délais et le manque de ressources pour réaliser cet objectif. Dans les meilleurs scénarios, l’enseignement se résume souvent à des activités récréatives éducatives, plutôt qu’à une vraie scolarité. Par ailleurs, l’étude révèle des différences significatives entre pays de l’UE, ainsi qu’au sein d’un même pays.

 

Enrique Guerrero, eurodéputé S&D et président du GPF, a présenté l’étude devant le Parlement européen :

« Depuis le début de 2015, au moins 1,5 millions d’enfants ont fui le conflit dans leur pays d’origine et sont arrivés dans des camps de réfugiés en Europe et en Turquie. La plupart ont déjà perdu, en moyenne, deux ans et demi de scolarité dans leur pays d'origine, en raison du conflit et des violences qui y sévissent (UNICEF 2017). Une fois en Europe, les transferts entre centres de réfugiés, additionnés à d’autres délais dans l’évaluation de leurs demandes d'asile, peuvent ajouter jusqu’à trois ans et demi à ce retard de scolarisation. Et cela peut être encore plus grave pour les mineurs non accompagnés, auxquels il faut adjoindre un tuteur. »

« Or, d’un point de vue pragmatique le fait de renvoyer les enfants réfugiés à l’école est la meilleure façon de les protéger contre les abus, l’exploitation et la radicalisation. »

« Malheureusement, un des résultats les plus dramatiques de notre étude est la constatation que la plupart de ces enfants ont disparu des radars des pouvoirs publics. Il existe très peu de données et informations officielles sur eux et sur leur intégration aux systèmes scolaires. »

 

Thomas Huddleston, directeur de recherche du groupe des politiques de migration et président du réseau Sirius sur la migration et l'éducation, a ajouté ceci :

« Bien que les États membres disposaient de trois années de préparation ainsi que de recommandations concrètes et du soutien de la Commission européenne et d’experts comme SIRIUS, notre étude montre que le soutien aux étudiants et familles de réfugiés reste insuffisant et qu’il y a des différences et des écarts majeurs, en la matière, entre les pays européens. »

« De même, l’Europe abandonne les enfants réfugiés en n’effectuant pas le suivi de leurs progrès scolaires et sociétaux. Or, l’Europe ne peut pas fermer les yeux sur les besoins de ces enfants et leur puissant désir d’apprendre. »

Pour l’étude complète : www.globalprogressiveforum.org/backtoschool

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